Le Feu

J’ai quitté mon foyer il y a deux mois, depuis je marche à la recherche d’une réponse à mon être. 

Sous la canopée aucune étoile ne brille, même la lune ne transperce pas le feuillage. La forêt baigne dans le néant, seule la lumière d’un embrasementdonne de la consistance aux premières arbres qui nous entoure, et crée une bulle qui m’empêche de sombrer dans la folie.

Le pétillement, battement d’un bois trop vert, accompagne les hululements profonds d’un hibou grand-duc, Les hurlements lointains d’une meute de loups, et les crépitements du miellat des insectes piqueurs tombant en pluie. Les braises, sous une croute de cendre boucanée, cachent en leur coeur un secret que le moindre souffle dévoile.

L’odeur enivrante des fumées et le ballet hypnotique des flammes entre rouge et jaune me plongent dans l’histoire de l’humanité, des chasseurs-cueilleurs découvrant le feu, des guerriers massaï se protégeant des lions, des sioux  invoquant la nature, des inuits survivant sur la banquise. 

Je me sens de ces êtres qui ne sente exister et appartenir au monde qu’autour d’un foyer.