La méléagre

Samedi dernier, dans le nord Isère, au détour d’une zone humide, je tombe sur une joyeuse bande de Picvertiens observant, admirant et photographiant une jolie plante printanière. Sa tige dressée et fine, parsemée de longues et fines feuilles vertes bleutées, est surplombée par une fleur, parfois deux, tombant en forme de cloche. Ses six tépales pourpres, mouchetés de crème, forment un damier. Cette plante fait partie de la famille des liliacées. Son Genre vient de son calice en forme de cornet pour jeter les dés et son nom d’espèce vient de son motif qui rappelle celui d’un gallinacé. Connu également sous le nom de méléagre, vous l’aurez reconnu, la belle Fritillaire pintade, alias Fritillaria meleagris.

Description : source télébotanica
  • Plante vivace de 20-50 cm, un peu glauque, à tige nue dans le quart inférieur
  • feuilles 3-5, linéaires-allongées, canaliculées, souvent arquées-recourbées, toutes alternes et écartées
  • fleur grande, panachée de carreaux pourpres et blanchâtres disposés en damier, rarement toute blanche ou jaunâtre
  • périanthe long de 3-5 cm, en cloche large, à divisions conniventes, toutes elliptiques-oblongues, obtuses
  • style fendu jusqu’au tiers, à stigmates longs de 3-4 mm
  • capsule subglobuleuse, presque aussi large que longue.
Habitat :

Près humides médioeuropéennes hygrophiles. Lit majeur de rivière, fleuve. Autour d’un marais ou lac.

 

Répartition :

Plante européenne, Europe du nord (Suède, Russie, Grande-Bretagne), Europe de l’ouest et centrale (Allemagne, Suisse, France, Slovénie, Croatie, Roumanie). Disparu de Belgique à la fin du XIXe siècle. Rare aux Pays-Bas.

En France. La majeure partie de la population se trouve dans l’ouest du pays. Présente mais localisée dans l’est de la France

 

Protections :

La fritillaire pintade est en forte régression, de par la disparition de son habitat et par la déprise agricole. Aujourd’hui elle est protégée au niveau national : Liste des espèces végétales sauvages pouvant faire l’objet d’une réglementation préfectorale permanente ou temporaire : Article 1er. ICI

Les protections sont également au niveau régional (7 régions). On ne compte plus les arrêtés préfectoraux.

 

Observations :

La fritillaire n’aime pas la concurrence pour fleurir. Pour fleurir il lui faut de la lumière. Si les herbes ne sont pas broutées ou coupées, alors elle ne fleurit pas. Par contre elle peut rester en dormance plusieurs années jusqu’à ce que les conditions soient favorables.

L’hiver 2013-2014 a été assez sec, et le printemps pluvieux. Du coup les bulbes n’ont pas été inondés les mois d’hiver, mais l’ont été au printemps 2014.  Ceci a eu comme effet de voir peu de fritillaire en fleur.

La fritillaire supporte très bien le gel nocturne.

En 2016 les fritillaires fleurissent avec 3 semaines d’avance. Cela reste dans la continuité de ce début d’année.

On la trouve assez facilement le long de la Saône, de Villefranche-sur-Saône jusqu’au nord de Mâcon. Plus au nord il y en a mais je n’ai jamais pu observer, ni rechercher les stations. On en trouve également dans l’Ain. Le Bugey cache quelques stations, les plus belles étant au marais du Lavours. En Nord Isère on peut encore trouver quelques stations très localisées.

Durant plusieurs années j’ai effectué un suivi de population de Fritillaire sur une station non loin de la Saône. Vous pouvez lire le récit ICI

Recherches Bibliographiques :

Parmi les recherches bibliographiques que j’ai effectuées, quelques une m’ont interpellées.

Selon le livre « fleurs de alpes », de Louis Jean, Edition Ophrys (trouvé il y a quelques jours), il y aurait quelques stations dans nos montagnes alpines. Selon wikipedia « dans le sud-ouest des Alpes on rencontre la sous-espèce burnatii ». Je ne connais pas ces sources mais il est vrai qu’on y rencontre la burnatti, mais sous-espèce de quoi ? De fritillaria meleagris ou de Fritillaria tubiformis ? Faut se méfier de wiki. En effet INPN donne tous les noms donnés à cette plante. Ssp burnatii est tantôt sous-espèce de F. meleagris, tantôt sous-espèce de F.tubiformis. Aujourd’hui elle serait une espèce à part entière. Les stations de Fritillaires pintades alpines sont à prendre avec des pincettes. Le livre cite bien Fritillaria meleagris, tubiformis et non burnatii. Certaines stations du Queyras sont connues pour avoir soit des burnatii. Je serai étonné qu’il y ait des méléagres dans les alpes, mais pourquoi pas ! Il y en a bien dans le massif central. Si vous avez des infos je suis preneur. Dans tous les cas, au mois de mai, je file dans le Queyras à la recherche de Fritillaria burnatii.

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