Sortie macrophoto ↓

Dimanche 7 juin. Savoie, Col du Cucheron. 9h00. 8 passionnés se sont donnés rendez-vous pour se former à la photographie artistique des plantes à fleurs.

Le col du Cucheron se trouve sur la commune d’Entremont-le-vieux, au milieu de la Chartreuse. Massif montagneux des Préalpes, à la limite des départements de l’Isère et de la Savoie, la Chartreuse est essentiellement constituée de calcaires et est soumise à un climat océanique montagnard. Le massif est donc soumis à de fortes précipitations mais l’eau s’infiltre rapidement dans les réseaux karstiques calcaires. La Chartreuse est alors naturellement verdoyant et riche en diversité botanique. Bien sûr le col du Cucheron n’échappe pas à la règle et les picverdiens comptent bien profiter du lieux pour découvrir la photographie à travers de jolies plantes.

C’est François qui anime la sortie photo. Le groupe marche à peine trente mètres et s’arrête déjà pour commencer la formation photographique. Avant d’aborder l’art photographique il faut la définir. Plusieurs définitions fusent. “La photographie c’est peindre avec la lumière” selon Sophie. Cécile ajoute que “photographier est figer le  mouvement”. François a une toute autre définition, « la photographie est un cadrage de la réalité ». C’est à dire que l’art photographique répond à la règle d’inclusion/exclusion. Le photographe intègre ou non les éléments qu’il veut dans son image. L’artiste retranscrit alors son propre univers, sa propre vision du monde à travers ses photos.

La pratique commence dans une petite zone dans laquelle on peut photographier divers orchidées. Les picverdiens ont pu s’attarder sur la gracieuse céphalanthère à longues feuilles, la terne néottie nid d’oiseau,  la discrète racine de corail et le magnifique sabot de Vénus.

 

07juin2015 - 09h47min42s

 

La racine de corail, Corallorhiza trifida Châtel., 1760, est une plante de la famille des orchidées Il s’agit d’une plante terrestre rhizomateuse, c’est pourquoi nous l’observons souvent en groupe important. La forme de sa racine, ressemblant à un corail, lui a donné son nom français. Bien qu’elle soit discrète, cette plante est facilement reconnaissable. Totalement dépourvue de feuille, la tige  jaune-verdâtre haute de 10 à 30 cm porte quelques écailles engainantes. Les fleurs sont au nombre 4 à 12 en épi court et lâche. Le labelle long de 5 à 6 mm est de couleur blanchâtre. Il est souvent orné de petites taches rouges. Cette plante est saprophyte, c’est-à-dire une plante non chlorophyllienne qui tire ses nutriments de mycorhizes avec qui elle vit en symbiose. On la trouve dans des bois ombragés à litière riche.

De loin, la plante et ses fleurs paraissent quelconques, voir disgracieuses. Mais en se penchant dessus, on constate de superbes couleurs. On ne saurait que vous conseillez de vous attarder dessus et de la photographier de plus près, même si le manque de lumière de son environnement de prédilection ne la rend pas très photogénique. A vous de redoubler de créativité pour la mettre en valeur.

 

07juin2015 - 09h31min20s

 

Le groupe continue sa route le long du chemin forestier. François voulait trouver quelques pyroles, en vain. Par contre ils ont eu la chance d’observer l’Orchis de fuchs, l’orchis mâle, la listère à feuilles ovale, des platanthères à deux feuilles en bouton, gentiane de koch, vérâtre, troll, violette, parisette à quatre feuills, etc. Cécile remarque l’orchis grenouille. C’est l’occasion d’aborder la balance des blancs, les teintes, et d’essayer une technique pour mettre en valeur une plante verte sur fond vert.

L’orchis grenouille, Dactylorhiza viridis (L.) R.M.Bateman, Pridgeon & M.W.Chase, 1997, est une petite orchidée qui passe presque inaperçue en raison de sa couleur verdâtre. La fleur ressemble à celle de l’orchis homme-pendu. Le labelle est en général verdâtre, mais on en observe également des rouges, ainsi que toutes les nuances qui vont du vert au rouge.  Comme François aime  le dire « Toutes les fleurs ne sont pas égales. Certaines se prête mieux à la photographie que d’autres ». Une façon simple de mettre en valeur cette espèce est donc de trouver la fleur exceptionnelle. Ici exceptionnelle va rimer avec le labelle de couleur rouge. Le rouge et le vert sont deux couleurs complémentaires. Donc une fleur rouge sur vert aura plus d’impact qu’une fleur verte sur vert. Ou en tout cas elle attirera plus le regard.

Ci-dessous, vous pouvez voir deux Orchis grenouilles. Une verte à gauche et une teintée de rouge à droite. Lorsque l’on recherche un sujet il faut également penser au rendu artistique qu’il produira au sein de l’image. Bien sûr, le labelle rouge aura plus d’impact que le labelle vert.

 

07juin2015 - 11h01min54s

 

La suite de la matinée est en plein soleil. L’occasion d’essayer une technique très sophistiquée pour photographier un plante en plein soleil et d’en tirer une belle image. Le groupe s’est entrainé autour de l’Orchis de provence, une orchidée jaune-blanchâtre. Vous voulez savoir comment faire ? Nous ne vous dévoilerons pas ici un des plus grands secrets de la photographie mais nous vous invitons à la découvrir lors de la prochaine sortie photo/botanique. Dans tous les cas, sachez que la photographie de nature se pratique aussi avec des amis.

 

07juin2015 - 11h32min58s

 

En repartant vers les voitures, Gilles  trouve la splendide Pyrole uniflore. Cette plante  est de la famille des Pyrolaceae, famille qui est maintenant considérée comme une sous-famille des Ericaceae. À l’origine, cette pyrole fut placée dans le genre Pyrola. Ce nom est encore employé de temps en temps. La nouvelle classification officielle la place dans le genre Moneses. Il s’agit d’une herbacée pluriannuelle, qui survit grâce à son rhizome souterrain fin et ramifié. Les feuilles rondes, toujours vertes, sont en rosette basale, d’un diamètre de 1 à 2 cm. Il n’y a qu’une seule fleur par rosette, la fleur terminale est penchée, odorante, portée sur une tige de 5 à 10 cm.

Nous passons un long moment à la photographier. Cette minuscule petite fleur nous occupe près de vingt minutes. Encore une fleur difficile à immortaliser. Il faut correctement exposer l’ensemble de la photo pour que le blanc ne soit pas cramé ou que l’habitat ne soit pas trop sombre. Tout est encore une histoire  d’équilibre entre tous les paramètres, mais il s’agit avant tout d’un choix artistique.

12h. Il est temps pour nous de nous dire au revoir, de faire le bilan de la matinée et de penser déjà à la prochaine sortie qui nous permettra d’apprendre la botanique et de développer les techniques photographiques.

07juin2015 - 12h12min37s

Portfolio

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