Préservation d’un ilot de nature

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Le samedi 28 février, une dizaine de bénévoles de l’association Le Pic Vert du pays voironnais se sont donnés rendez-vous sur la commune du Grand-Lemps pour nettoyer et aménager un îlot de nature au milieu d’une zone agricole.

28février2015 - 10h14min06s

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs en quelques mots ?

Je m’appelle Jean-François Noblet et je suis le secrétaire de l’association le Pic Vert.

Pourquoi vous engagez-vous pour le Pic Vert ?

Quand nous sommes arrivés avec ma compagne Marie Claude Bouillon à St Etienne de Crossey en 2000, nous avons voulu nous engager plus sérieusement dans l’association Le Pic vert.Nous avons toujours été mobilisés par la cause de l’environnement et de la nature. Le domaine d’action de l’association étant principalement le territoire de la CAPV nous avons établi des relations constructives avec cette collectivité.

Qu’est-ce que l’ilôt Nature ?

L’ilot nature du Grand Lemps (Isère) est l’une des 7 réserves de l’association Le Pic vert. C’est un ancien dépôt d’ordures communal que l’association a réhabilité avec l’aide de la commune.

 

28février2015 - 10h25min53s

 

28février2015 - 11h18min11s

 

Comment avez-vous obtenu la gestion du terrain ?

Le terrain est une propriété communale confiée par convention écrite en gestion à l’as- sociation Le Pic vert. Notre association a aidé la commune du Grand lemps à fermer ce dépôt d’ordures sauvages. Pour éviter le retour des déchets nous avons proposé la création d’une réserve de nature. Cela a été accepté et nous avons concrètement nettoyé le site , crée une mare pédagogique, planté des haies champêtres . A la suite nous avons proposé à la commune de gérer ce site. Cela a été accepté.

 

Quel est votre but ?

Dans cette plaine d’agriculture intensive c’est le seul endroit sauvage, boisé , disposant d’eau pour la reproduction des amphibiens.Notre but est de créer un ilot nature, un site de biodiversité et une halte de migration sans chasse et sans pesticides.

 

Quelles sont vos actions sur le site ? Passées, présentes et futures ?

Nous agissons concrètement avec nos volontaires. Nous venons d’enlever une ancienne clôture empêchant le libre passage de la faune sur le site. Nous posons des nichoirs et nous avons restauré le toit d’une grange située sur nos terrains dans laquelle des rapaces nocturnes peuvent s’abriter ainsi que des chauves souris et des passereaux.Cette année nous voulons semer une culture à gibier pour nourrir lapins et perdrix.Nous travaillons avec toutes les personnes intéressées: personnel communal du Grand Lemps, chasseurs, LPO, agriculteurs locaux.

 

28février2015 - 10h46min40s

 

28février2015 - 11h43min25s

 

Ce site accueille surement des espèces faunistiques. Votre gestion visent quelles espèces ?

Toute la faune d’une plaine agricole: busard cendré, fauvette grisette, bruant proyer, perdrix rouge,hypolaïs polyglotte, linottes, bruant jaune, lapin, lièvre, hermine, renard, tritons alpestres et palmés, crapaud calamite.

 

Pouvez-vous me parler de la pose des nichoirs ?

A chaque type de nichoir correspond un protocole de pose. L’orientation compte peu mais la hauteur de pose, la solidité des systèmes d’accrochage sont à prendre en compte. Par exemple pour un nichoir à pigeon colombin on cherchera un arbre feuillu à 4m du sol. Pour un nichoir à muscardin on le posera à moins de 2m de hauteur dans un roncier ou sur un arbre ou un buisson à baies ou à fruits.

 

Qu’avez-vous fait des déchéts du site qui, je le rapelle, est un ancienne déchèterie ? Faut-il prendre des précautions pour vous et pour la faune ?

On a ramassé, trié et on recyclé tous les déchets trouvés sur place: le verre est emporté dans les conteneurs spécialisés dans le village après examen du contenu de certaines bouteilles. En effet des micro-mammifères, des insectes, des lézards peuvent ren,trer dans des bouteilles vides et y sont piégés dedans. Ainsi on a fait l’inventaire des micro-mammifères du site rien qu’avec l’examen des cadavres trouvés dans les bouteilles. La ferraille est recyclée chez un ferrailleur agrée. Le reste est emmené en déchetterie.Comme le site est en bord de voie ferrée et de route on trouve régulièrement des déchets à enlever. C’est un travail quotidien à faire.

 

28février2015 - 13h10min33s

 

28février2015 - 13h14min35s

 

Est-ce que le fait de préserver cet ilôt nature vous apporte quelque chose ?

Nous voulons démontrer que la perte de la biodiversité n’est pas inéluctable. Avec des volontaires et un peu de soutien financier (Fondation Nature et Découvertes) nous réussissons à préserver un écosystème même dans un ancien dépôt d’ordures.

 

Sur le site il y a des espèces invasives, la renouée du japon par exemple. Il est difficile d’éliminer cette espèce une fois qu’elle est installée. Comment vous y prenez-vous pour la supprimer du site ?

Le travail sur la limitation des espèces invasives est secondaire. Nous voulons procéder par étape en mettant en place toutes les techniques connues. Fauche de la renoué du Japon à la période favorable et plantation de boutures de saules dans le massif de renoué. Les saules vont prendre la place et limiter les renoués. En tous cas pas d’utilisation de pesticides.

 

Le site sera-t-il ouvert au public ?

Bein sûr, le site est ouvert au public avec un guide Pic vert sauf pendant la période de reproduction du busard cendré (15/4 au 15/8)

 

Pour conclure. Quel message aimeriez-vous passer ?

Qu’il est toujours possible de restaurer la biodiversité sur un espace dégradé et on peut le constater sur le site de l’ilot nature.

 

28février2015 - 12h34min27s

 

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