La génétique au service de la photographie ↓

 Le printemps s’installait doucement. Un peu trop à mon gout. Quelques fleurs commençaient à éclore. Tôt le matin je suis allé régulièrement me promener sur un coteau calcaire à quelques kilomètres de chez moi. Un jour, des orchis bouffons (Anacamptis morio) ont pointé le bout de leur label. Cette espèce est l’une des premières orchidées que l’on peut observer. Il y avait un bon nombre de pieds mais très peu étaient photogéniques.

Sur ce coteau il y a des pilonnes électriques. A leurs pied il avait aussi des Anacamptis morio. Ces individus étaient différents. Ils présentaient des lusus, c’est-à-dire des aberrations génétiques. Ils étaient plus petits, grêles et avait un macule uniforme (le macule est le motif sur le label). Je trouvais que ces plants dégénérés étaient bien plus beaux et plus photogéniques que les « normaux ». Elles ont retenus mon attention un long moment.

D’où vient cette spécificité ? Rien n’est encore prouvé. Tout est en discussion. Cette espèce présente de fortes variations. Ce pied peut donc tout simplement être un individu d’une beauté rare. Cependant, j’ai récemment pu lire un article à propos d’orchidées présentant des lusus à cause du sol retourné par la guerre. Sur cette station le sol a été déstructuré par l’installation de pilonnes électriques. A en croire le rapport ce labourage peut aussi en être une cause. Aujourd’hui rien ne m’indique l’origine exacte de ces différences. En 2015,  j’y retourne pour réaliser des mesures afin d’étayer l’une ou l’autre des hypothèses.

Anacamptis morio lusus

HERBAgraphie-Portrait-23

Anacamptis morio « normal »

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